Chant Sila Jiva

De OmraamWiki
Aller à : navigation, rechercher
« Grâce à ses facultés intellectuelles l’homme est arrivé à de gigantesques réalisations dans le plan physique ; on ne peut pas ne pas voir combien le progrès scientifique et technique a transformé la vie, mais ce n’est pas suffisant. Maintenant, il est appelé à des réalisations plus importantes encore, grâce aux facultés de l’esprit. Par la méditation, la prière, il doit apprendre à entrer en relation avec le monde de l’esprit, afin que la lumière, l’amour, le pouvoir de l’esprit descendent sur la terre, en lui et sur tous les êtres autour de lui. Le progrès technique a des limites et présente même des dangers s’il n’est pas contrôlé grâce à une vision supérieure des choses. Il faut donc aller plus loin, et c’est par l’esprit que la vie sera réellement transformée, car la paix, la liberté et la fraternité sont des réalisations de l’esprit .»[1]


Sila Jiva (Force Vivante) – Tonalité : Sol Majeur

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ.jpg

Écouter le chant par la Chorale VERA (Canada)

Le texte

Cyrillique Translittération française Traduction
Сила жива,
Кажи ми де вода извира.
Кажи ми сладки думи две
Sila jiva,
kaji mi dè voda izvira.
Kaji mi sladki doumi dvé.
Force vivante,
dis-moi où l’eau jaillit.
Dis-moi deux douces paroles.

Explications du chant[2]

Historique

Sila Jiva a été créé le 19 Novembre 1922. Le Maître Deunov a donné l’explication suivante au sujet de ce chant :

« Dans ce chant, nous cherchons où se trouve la source. La source part en haut de la montagne et descend en sautillant sur les cailloux. Nous avons ici une très belle image. C’est un motif bulgare typique. Les chants folkloriques bulgares, joyeux et rythmés ont puisé dans ces sources... »[3]

N.B. La séquence mélodique des mesures 19 à 33 fait aussi partie de la musique des « Rayons de Soleil »

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ-19 à 31.jpg

Introduction sur le sens des mots

« Force vivante, dis-moi où l'eau jaillit ! - Dis-moi deux douces paroles ! »

Souvent les paroles exprimées dans la musique du Maître Peter Deunov invitent à réfléchir et se questionner sur le sens que ce langage veux nous communiquer.

Le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov exprimait très souvent que son Maître donnait très peu d’explications car il laissait à ses disciples la tâche de rechercher par eux-mêmes le sens des mots et du langage musical. Alors posons-nous la question : « De quelle force s’agit-il ? De quelle eau s’agit-il ? De quelles " douces paroles " s’agit-il ? ».

Nous pouvons imaginer que la force vivante, c’est le soleil lui-même. Il gouverne notre système solaire et rejoint l’univers entier. Cette force se trouve condensée en nous par la force sexuelle d’où jaillit une eau vivante. Elle se situe au plus profond de notre être, logée à la base de la colonne vertébrale. Ainsi, la force vivante qui nous anime est celle du soleil lui-même.

Prenons maintenant l’évocation des « deux douces paroles » que nous voulons entendre. Les plus belles et les plus douces paroles sont celles émanant de l’amour : « Je t’aime !»

La force dont parle le chant est la force de l’amour divin qui transmute tout, une force qui nous rend immortels et puissants comme Dieu, tel que le propose notre Haut-Idéal.

C’est dans cette simplicité inouïe que le Maître Peter Deunov trace de façon condensée le projet ultime de nos incarnations sur cette terre.

Thématique : le jeu de la polarité entre l’Esprit et la Matière

Sila Jiva est un chant alchimique.

En observant sa structure, nous remarquons que Peter Deunov a voulu souligner dans ce chant le jeu de la polarité entre l’Esprit et la Matière. Sila Jiva évoque les efforts consentis par la conscience pour rejoindre l’Esprit afin que celui-ci puisse pénétrer la matière afin de la spiritualiser.

Mots clés

Enthousiasme – Entrain - Sensibilité - Intensité

Tracé énergétique du chant

Le rythme en 7/16

Le chant est écrit dans le rythme de la danse de Retchénitsa en 7/16. Dans la mesure 7/16, symboliquement et initiatiquement, les quatre premières doubles croches symbolisent le carré de la matière et les trois dernières symbolisent le triangle de l’Esprit. Cette métrique organisée en 4+3 est la même que celle utilisée dans le chant Les Voyelles.

Lorsque la prouesse de chanter en 7/16 avec une bonne stabilité rythmique s’accomplit, la vibration de la « Force Vivante » s’accomplit. Elle reflète l’union harmonieuse et complémentaire des deux principes que sont l’Esprit et la matière.

Le chant dégage énormément de vie. Il dévoile comment la matière, par la grâce de « deux douces paroles », accepte de recevoir la vie de l’esprit de façon fluide, gratuitement, sans peur, sans conditions, en parfaite harmonie !

Le chant en trois étapes

Première étape (mesures 1 à 18) : les efforts pour rejoindre l’Esprit

Le début du chant montre l’énorme effort que notre conscience doit consentir pour rejoindre la dynamique de l’Esprit et l’accueillir dans sa propre matière.

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ-ex 1 à 18.jpg

Comprendre le sens des paroles – « Force vive, dis-moi d’où l’eau jaillit » (mesures 1 à 18)

Dans Sila Jiva, la force peut également être symbolisée par l’image de la source dans son jaillissement et ses tourbillons ! Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’analogie avec l’eau de la source fait référence à une puissante énergie spirituelle en l’être humain appelée Kundalini. Située à la base de notre colonne vertébrale, la force Kundalini provient de la racine de notre être au niveau du premier chakra. Chez l'homme ordinaire, cette énergie est en état de repos. À l’image de la source, cette force doit jaillir en nous, se réveiller et se mettre librement au travail pour exprimer ses potentiels de création de façon équilibrée.

La dynamique du rythme 7/16 (4 + 3) encourage ce processus ! Nous avons le 4 (le carré), représentant le chakra de la base d’où monte la force Kundalini. Celle-ci doit être maîtrisée par l’Esprit, le 3 (le triangle), afin que cette force devienne utile et bénéfique ! Pour recevoir l’Esprit, la Matière doit être mise au travail ! Nous devons savoir quoi faire avec elle, comment la diriger, la maîtriser et quel sens lui donner. L’eau qui jaillit depuis la base de la colonne vertébrale représente notre source intérieure ! Il nous faut connaître sa force, son potentiel, son pouvoir.

Le dessin mélodique de toute la première partie du chant stimule cet éveil et permet de le ressentir.

Deuxième étape (mesures 19 à 23) : la fusion de l’Esprit avec la Matière

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ-19 à 23.jpg

Les efforts réalisés par la conscience dans la première partie mènent à la fusion de l’esprit avec la matière.

Comprendre le sens des paroles - « Dis-moi deux douces paroles » (mesures 19 à 24)

« Dis-moi deux douces paroles » est une expression récurrente dans les chants du Maître. Nous la rencontrons notamment dans le chant Zapali Sé Ogueunia.

Après la montée d’énergie de la première partie, le principe féminin peut maintenant s’exprimer. Les « deux douces paroles » proviennent de l’Esprit ! Notre âme exprime cette requête parce qu’elle est désormais capable d’entendre la voix intérieure de l’Esprit !

Ces deux douces paroles peuvent prendre différentes significations. Nous pouvons imaginer qu’il pourrait s’agir de deux mots signifiant « J’aime Dieu » ou « Je t’aime ».

Au niveau de la mélodie, le saut d’octave à la mesure 19 montre que notre conscience reçoit l’aide de l’Esprit et parvenir au but de la Fusion.

A la mesure 23, la phrase aboutit sur le « Sol médium » et cette conclusion témoigne que la fusion entre l’Esprit et la matière a réussi ! Le « Sol médium » unit le « Ré grave » de la Matière au « Ré aigu de l’Esprit ».

Troisième étape (mesures 24 à la fin) : la victoire de l’Esprit sur la Matière

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ-24 à 31.jpg

Le contexte harmonique du chant donne d’entendre un rapide passage en sib majeur, le ton relatif de Sol mineur.

Cette harmonie apporte une couleur chatoyante et un ton pastel qui accompagne à merveille l’idée évoquée par les paroles.

Alors que le rythme de la danse ne nous y préparait pas, ce passage, particulièrement éloquent, permet de goûter au nectar de la Douceur.

Nous comprenons que pour exprimer notre requête et entendre ces « deux douces paroles », nous sommes obligés de nous adoucir nous-mêmes intérieurement et nous polariser de façon réceptive ; c’est ce qui s’exprime par l’emprunt en Sib Majeur.

Bien que l’expression « Dis-moi » soit conjuguée à la forme impérative, le contexte harmonique la mue en une supplication humble et reconnaissante. C’est l’expression sincère de notre vœu à entendre résonner le Verbe dans toutes nos cellules pour les diviniser !

« Deux douces paroles » peut également représenter nos polarités masculines et féminines. Comment trouver l’équilibre de ces deux principes en nous-mêmes ?

A partir de la mesure 24, nous entendons comment cette « Force Vivante » se trouve équilibrée par une sensation de gratitude infinie. Celle-ci s’exprime en donnant au chant une tournure beaucoup plus touchante et sensible !

Le cœur est adouci et la force apprivoisée. Nous exprimons notre engagement à grandir et à fleurir par l’apport de cette force vive qui est une grâce dans notre Vie !

La mélodie

Une première note très grave – symbole de la subconscience en repos

Le chant commence sur « Sol grave ». Le Maître Peter Deunov, violoniste, composait avec son violon. La note la plus grave du violon est justement un « Sol grave » comme la première note de Sila Jiva. Symboliquement, « Sol grave » contient toute la richesse potentielle de notre être qui est endormie dans la subconscience et qui attend les bonnes conditions pour fleurir et se manifester.

Les écarts mélodiques

Après toute la montée en énergie de la première partie, nous observons la présence de grands écarts mélodiques au sein de la mélodie principale.

SILAJIVA-2018-Mélodie Princ-19 à 23.jpg

La deuxième partie du chant s’ouvre avec un intervalle d’octave entre « ré grave » et « ré aigu », suivi d’une septième mineure et d’une sixte mineure. Ceci crée un mouvement descendant sur les mots « Kaji Mi » qui signifie « Dis-moi, Dis-moi, Dis-moi… » et nous aboutissons sur « le Sol médium », tonique de sol mineur.

Ces grands intervalles soulignent l’amplitude de la Force à déployer pour que ce travail de spiritualisation de la matière devienne le nouveau mode de vie en l’être humain.

Symboliquement, le « Sol médium » équilibre le parcours réalisé par cette « Force vivante ».

Si nous résumons…

  • La force part de la base avec le « Sol grave », puis se rend jusqu’à la tête sur le « ré aigu » avant de se fixer sur le « Sol médium ».
  • Dans la première partie, nous avons déjà observé deux sauts de 7e aux mesures 7 et 9.
  • Dans la deuxième partie, le saut d’octave de la mesure 19 apparait comme particulièrement gigantesque ! Cet instant symbolise le moment où la matière a pleinement accueilli l’Esprit et elle dispose d’un grand potentiel pour la réalisation. L’aboutissement de la phrase sur le « Sol médium » à la mesure 23 témoigne que la fusion entre l’esprit et la matière a réussi ! Ce « Sol médium » réunit le « Ré grave » de la Matière au « Ré aigu » de l’Esprit.
  • Dans la troisième partie, à partir de la mesure 24, l’ambitus de la mélodie se situe entre le « Sol » et le « Do » et la conclusion du chant se donne dans une ambiance calme et heureuse où nous naviguons dans un registre médium. La matière complètement transmutée est au service de l’Esprit !

Conclusion

Sila Jiva célèbre la victoire de l’esprit sur la matière.

A l’image d’un chant folklorique, Sila Jiva véhicule une grande gaieté.

La Force vivante dont nous parlons ne nous ballote plus dans tous les sens. Elle cesse de nous tourmenter !

Elle obéit à l’Esprit et nous apporte son réconfort, sa sécurité et son assurance.

Œuvres et/ou conférences d’O.M. Aïvanhov sur le sujet traité

  • O. M. Aïvanhov, Les Puissances de la Vie complètes n°5 aux Editions Prosveta
  • O. M. Aïvanhov, La Force Sexuelle ou le Dragon Ailé Izvor n°205, aux Éditions Prosveta

Liens Externes

  • Peter DEUNOV – Sila Jiva sur Youtube par la chorale Vera (Canada). Dir : Gilles Hainault
  • Peter DEUNOV – Les Rayons de Soleil sur Youtube avec Phlippe Lucotte et Nadia Logist (Violons), Alain Courmont et Ahimsa Désiré (Violoncelles) dans une harmonisation de Gilles Hainault
  • Pour entendre d’autres chants de Peter Deunov vous pouvez vous rendre sur la chaîne YouTube de Ideal Projects : https://www.youtube.com/channel/UCElH9qAoRv-jCRU9RYMLZEQ

Notes

  1. O. M. Aïvanhov, Pensées quotidiennes 2021, pensée du 27 avril « C’est par l’esprit que la Vie sera réellement transformée», Éditions Prosveta, (2020).
  2. Les auteurs de la version originale de cet article sont Gilles Hainault et Marie Kinique
  3. « Les " Rayons du soleil " est une pièce faisant partie de la Paneurythmie telle que pratiquée en Bulgarie. Il s’agit d’une danse accompagnée de musique. C’est la représentation en mouvements du rythme de la vie, la circulation de deux énergies : l’énergie électrique et l’énergie magnétique. Ces énergies proviennent du centre du soleil et traversent le centre de la terre pour retourner ensuite vers le soleil. Au cours de la danse, la circulation des rayons du soleil se fait par les mouvements du corps humain qui sont identiques au mouvement des énergies solaires. Ces énergies partent du soleil et se dirigent vers la terre. Ainsi les mouvements effectués par les couples (les rayons) en provenance du centre du cercle se dirigent vers la périphérie et de la périphérie retournent vers le centre. Voilà la circulation des énergies électromagnétiques du soleil. Dans la progression de la danse, les couples décrivent aussi un cercle en imitation de la Terre tournant autour du Soleil ». (Peter Deunov)



Avis au lecteur : la rédaction de cet article, provisoire et non limitatif, est seulement un point de départ, puisque le sujet a été examiné plus en détail par Omraam Mikhaël Aïvanhov dans ses diverses conférences données entre 1938 et 1985. En lisant ou en écoutant directement ces conférences, publiées par les éditions Prosveta, propriétaire exclusif des droits de son travail, le chercheur y trouvera encore d’autres aspects intéressants et importants. Par conséquent, cet article n’exprime pas de manière complète et exhaustive la pensée d'Aïvanhov sur ce sujet.


OmraamWiki est un projet international réalisé avec la contribution des fonds de recherche scientifique de l'Université pour les étrangers de Pérouse (Département des Sciences Humaines et Sociales)